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Accueil du forum >> Carnet de Bord 2007

Mes impressions, mes aventures ou mésaventures, mes activités, mes découvertes....Tout quoi!!!
Mars 2007
Mat

posté le 2007-04-02 à 22:49:38

Mes impressions pour le mois de mars

mat

posté le 2007-04-02 à 22:55:09

Mardi 13 mars 2007
Départ de Lyon à 8h00
Arrivée à Dakar à 14h50
(Une escale d’une heure et demi à Marseille).
Etant donné que je partais pour 2 ans j’ai acheté une malle en fer de 80 litres pour protéger mes affaires et faciliter le transfert. Au fur et à mesure que je remplissais la malle je pensais à d’autres choses à apporter. Du coup, la malle bien pleine dépassait les 35 kg de bagages autorisés avec Air Sénégal. Mardi matin, je me présente au hall d’enregistrement des bagages, un agent de sécurité vérifie mon passeport et billet d’avion ‘aller simple’ pour Dakar. Les ennuis commencent car je n’ai pas de visa. Heureusement que j’avais contacté le consulat du Sénégal en France avant de partir et que j’étais pratiquement sur de mes paroles. Bref, ce petit incident se résout rapidement pour arriver enfin devant le guichet. Je dépose ma malle, la femme commence à saisir les papiers quand j’aperçois sur la balance : 42,8kg…aie….aie….A cet instant elle commence à me dire que le kg supplémentaire fait 12€. Je pensais aux livres, pots de confiture qui étaient dans la malle et qui devaient fortement contribuer à cet excès de poids. Et là je commence à blablater : « ….euh….oui…..je pars en tant que coopérant dans l’humanitaire et que j’ai absolument besoin de mon matériel… ». Que dalle, elle m’a dit qu’il aura fallut que je fasse une demande spéciale auprès de la compagnie et qu’elle était obligé de me facturer les 7 kg de trop pour un total de ……84€ Marise !!. Je termine les modalités d’usage, les adieux aux parents, le passage en douane qui me fait ouvrir l’ordi et l’appareil photo « Non je n’ai pas caché de drogue ou de lame à cet endroit… ». Je fini par monté dans la carlingue. Ma place se situe au dessus de l’aile, je m’aperçois qu’elle commençait à piquer de rouille.
On décolle pour avoir une escale à Marseille. Quand j’ai vu l’atterrissage, au bord de la mer, un bout de l’aile commençait sérieusement à vibrer…mais tout s’est déroulé sans encombre. On entend l’hôtesse de l’air : « Bienvenu à l’aéroport de Lyon Saint Exupéry, la température extérieur est de 8°C….euh, bienvenu à l’aéroport de Marseille Provence et la température est tjs de 8°C). On attend pendant 1h30 qu’ils fassent le ménage de l’avion, charge la bouffe et vide les chiottes…Et c’est reparti pour Dakar.
Arrivé 14h50, après l’ouverture de la porte la température était tolérable et un petit vent rafraîchissait. Les modalités d’usage, je récupère la malle et c’est Ibou Diop (un chauffeur du conseil) qui est venu me chercher avec Jean (ou JeanJean pour ceux qui le connaissent). Il a fallu du temps pour sortir de Dakar. Toujours la même odeur… qui est toujours indescriptible…ça grouille…les brêles, les embouteillages de voiture avec au milieu quelques charrettes. On s’est fait prendre en sandwich par un bus mercédes à gauche et un camion avec un container à droite qui a fini par nous prendre « un échantillon » de peinture en passant.
Sur le chemin du retour, j’ai demandé à Ibou DIOP (le chauffeur du conseil) pour faire une escale à Saly afin de changer un peu d’argent. La dernière fois le taux était à 655 FCFA mais aujourd’hui le jeune n’a pas voulu discuter donc à négocier à 651 pour les billets de 50€ et 650 pour les billets de 20€. Comme le jeune n’avait que 6 liasses de billets de 10000FCFA j’ai pu seulement changé 900€. Au final on arrive à Fatick de nuit à 20h+. J’ai la joie de retrouver Alassane, Léon et Bour. Et à la maison j’ai retrouvé le gardien, tjs le même à écouter sa musique sérère à fond. Par contre j’ai changé de chambre et c’est un plus le bordel pour prendre les repères car il n’y a plus le ventilo au plafond pour accrocher la moustiquaire. Mais ce n’est pas grave car le vieux m’apporte une table à roulette d’hosto que je dois passer sous la douche pour faire partir la poussière.

mercredi 14 mars 2007
Toujours la même impression que rien à changer et que les 3 mois passés en France ont l’air d’un rêve, c’est déjà loin. Après avoir discuté avec la bonne qui me demande déjà de l’argent pour sa fille, je donne un billet au vieux pour qu’il parte acheter de quoi prendre un pt déj. Pendant le pt déj, je me remémore mes 6 derniers mois à Fatick et je me dis que 2 ans ce n’est pas rien, beaucoup de choses à faire avec du courage.
Ensuite je fini de me préparer pour partir CRF. Un petit vent agréable souffle mais le climat a bien changé le paysage. Pratiquement plus une bûche d’herbe, juste quelques arbustes épargnés par les dents des chèvres. Les travaux ont un peu avancés, la banque et la gendarmerie sont pratiquement terminées.
Je retrouve les mêmes personnes au conseil….ceux dont je me demande toujours quel est leur vrai rôle ??!!! Egalement je retrouve mon bureau, un peu poussiéreux, mais toujours à ma disposition. Il ne reste plus qu’à retrouver mes repères et m’installer. Le président arrive dans la matinée. Je passe dans son bureau pour faire une poignée de main, discuter un peu, échanger très brièvement sur le projet et quelques pistes de travail. On calle déjà une réunion de « rafraîchissement » sur le projet caprin pour vendredi prochain avec les services de la réunion. L’objectif sera de déboucher sur des orientations techniques avec des visites du président sur les trois sites. Il sera prévu d’ici prochainement une autre réunion plus importante sur l’ensemble de la coopération. Et oui…nous sommes dans une période d’élections, les projets doivent avancer rapidement.

Vendredi 16 mars 07
Petit à petit, je poursuis mes activités entamées en 2006 dans le cadre du projet. Ce matin, j’ai eu un contact téléphonique avec Abder Benderbouche pour faire le point sur le projet : maintenant il faut passer aux choses concrètes et il est prêt à nous appuyer auprès de ses services. Il faut finaliser la convention entre le CRF et le MINEL, proposer un plan d’actions, travailler à nouveau sur le projet de FEC et d’IA…
Dans la matinée nous tenons une réunion dans le bureau du PCR avec quelques responsables de services régionaux pour faire un débriefing sur le projet, présenter très rapidement des propositions d’actions pour 2007 avec quelques nouveautés (cf. CR).

Samedi 17 mars
Je traîne un peu le matin à la maison puis je me dirige vers le conseil pour travailler un peu. Je rencontre Djakba qui me fait par de l’avancée, parfois chaotique, de son stage mais tant bien que mal il arrive à soutirer quelques infos intéressantes.
Ensuite comme les derniers week-ends passés en 2006, je trouve le temps un peu long à Fatick. En fin d’après-midi je pars faire quelques courses en ville avec Léon qui s’arrête en passant chez un ami qui fête le baptême de son enfant (une semaine après la naissance). Mais je n’ai pas spécialement envie de m’éterniser là-bas d’autant plus qu’il commence à jouer à la belote avec ses potes. Dans la soirée j’appelle Djakba pour l’accompagner le lendemain sur Colobane. Il souhaite décoller de Fatick vers 6h-6h30. On se donne rendez-vous à 6h30 à la gare routière car il n’avait pas prévu de carburant, ni de véhicule. Je m’attends au pire et surtout à une journée chargée. En tout il vaut mieux ça que de croupir sur Fatick un dimanche.

Dimanche 18 mars
Levée 6h15 pour se rendre à la gare routière. Comme il est un peu tôt je n’ai pas pris le petit déjeuner car j’ai oublié d’acheter du pain et si je décide d’envoyer le gardien je ne suis pas encore rendu. Mais ça n’a pas été une mince affaire pour sortir car le « vieux » est sourd comme un pot, vu que les nuits sont un peu fraîches il ferme sa porter et pour écarter les moustiques il fait tourner le ventilo à fond ce qui créer un joli ronronnement qui va finir de couvrir mes appels pour qu’il m’ouvre la porte intérieur. Aaah….sur que sur que la maison est bien gardée. Bref, je fini par le réveiller et je me rend à la gare routière pour rejoindre Dajkba.
Comme je disais la veille, pour le menu du jour : pas de véhicule, pas de carburant, juste nos jambes pour marcher et attendre….surtout que nous devons nous rendrent au site du projet le plus éloigné de Fatick mais aussi le plus difficile d’accès en transport en commun car les routes sont peu fréquentées. En temps normal, nous mettons 2h30 en véhicule avec le chauffeur de Dr. Cissé qui fait tiré comme un veau la toyota Hilux.
Bref, on est loin de tout ça aujourd’hui. Sans trop attendre nous grimpons dans un taxi brousse, 7 places (peugeot 504 break pour les connaisseurs). Comme la place du « mort » était déjà prise, que 2 Mama occupaient la banquette du milieu, nous avons du prendre la 2ème banquette qui est installée à moitié dans le coffre avec la tête qui touche le plafond. Nous allons jusqu’à Kaolack (environ 40 minutes) au Sud-Est de fatick. Le plus simple est fait. Arrivé dans cette grande ville et surtout à la gare routière qui grouille déjà de gens à 7h30 du matin, il faut maintenant trouvé un bus mercédes 30 places ou un autre taxi brousse. Pour le confort mais surtout pour la rapidité nous empruntons un autre taxi brousse en direction de Touba (Nord de Kaolack), temps passé 1h30. Sur la route nous croisons un autre taxi brousse au fossé, complètement défoncé, celui là n’avait pas connu notre chance car il a percuté une express et apparemment il y avait un macabé….. Arrivé à Touba, toujours dans une gare routière mais complètement merdique, nous devons trouver le seul bus qui doit aller à Colobane (notre destination finale). Je ne l’ai pas dit plutôt mais Djakba est camerounais donc il parle pratiquement pas le wolof. Du coup nous arrivons au final à 11h à Colobane, 3ème site de regroupement des chèvres en vue des inséminations, à l’extrême Nord-Est de la région de Fatick. Nous avons à peu près mis 5h pour faire tout ce trajet. Merdique en plus il commençait à faire.
A colobane, nous passons chez le président du comité de gestion. Ensuite nous partons à la chèvrerie pour faire le point sur les naissances des chevreaux métis et le suivi des chèvres. Nous réalisons des pesées sur tous les chevreaux à 15 jours d’intervalles afin de réaliser des courbes de croissance mais un contrôle laitier indirect des mères. Après les pesées nous réalisons un traitement antibiotique en préventif sur tout le lot pour écarter pendant quelques temps tout agent infectieux. Mais en discutant avec le président du comité de gestion (qui est très volontaire et motivé), on s’aperçoit que c’est extrêmement dur pour faire passer des indications et surtout qu’elles soient respectées. Même si la vie des chèvres et des chevreaux en dépend cela modifie un peu leurs habitudes donc…comme on dit chez nous….autant pisser dans un violon.
Le président, nous paient gentiment à manger à 4 heures de l’après-midi (pour la parenthèse, ce sera le seul repas de la journée…). Comme il y avait certains points à voir absolument sur les chèvres (alimentation, tétée des chevreaux, suivi des mises-bas…) nous souhaitons attendre leur venue du pâturage vers 18h. Mais quelle connerie….qu’on a fait. Tout d’abord le berger est arrivé à 18h30 avec les chèvres et le temps de faire le tour du troupeau, la montre indiquait 19h quand nous sommes parti de Colobane. Pas de panique. Comme il était déjà tard nous n’avons pas pu prendre la route la plus courte pour rentrer (route habituellement emprunté avec le véhicule) car il n’y avait pas de bus ou taxi. Du coup, nos amis de Colobane nous ont dit de rejoindre la ville de Kaffrine puis de remonter sur Kaolack. Heureusement que je n’avais pas de carte sous les yeux sinon j’aurai fait un bond de 2 mètres…ce que j’ai fait ce matin en consultant ma carte et surtout lorsque je me suis aperçu du détour qu’on a fait.
Je disais que nous sommes parti à 19h de Coloabane. Nous n’avons pas attendu, un bus passe au même instant. NICKEL. Une demi-heure plus loin, la nuit commençait à tomber, ce con de chauffeur s’arrête dans un bled paumé car le bus était pratiquement vide et il attendait qu’il se remplisse ou qu’un autre bus arrive pour faire le point. Après avoir attendu 1h30 comme des imbéciles c’est la 2ème solution qui a été retenu. Un autre bus blindé à mort est arrivé, il n’y avait plus que 2 places : une entre 2 grosses Mama et l’autre à la place du mort (à côté du chauffeur). Nous n’avons pas eu le choix car le chauffeur du 1er bus ne voulait pas nous rendre notre pognion du coup on n’a pas pu faire de stop et en plus on ne pouvait pas dire que le trafic était intense car approximativement une voiture devait passait toutes les 10 minutes. Bref, il est 20h40 quand nous partons de ce bled paumé. Nous arrivons à Kaffrine à 22h. Par chance, un bus était pratiquement plein, nous avons attendu seulement 20 minutes. Mais il s’arrêtait tous les 3 mètres pour déposer ou charger des gens. Il est arrivé à Kaolack à 23h30. Mais il s’est arrêté dans une gare routière paumé avec un seul bus qui partait à l’opposé. Un taxi nous a apporté à la gare routière principale. Le taxi brousse de Fatick ne comportait qu’une seule personne, il fallait attendre…les autres bus pour Dakar voulait nous faire payer le billet de Dakar pour s’arrêter à Fatick…..les boules. Nous avons attendu jusqu’à minuit. Djakba essayait de négocier pour le bus pendant que je négociais le taxi brousse. Le chauffeur voulait nous emporter si on payait la totalité des 7 places à 3 soit 4900 FCFA. Cette connasse de bonne femme qui attendait depuis 1h (je suis un peu vulgaire mais vous comprendrez par la suite) vient nous voir pour dire : « je paye 1500 FCFA et vous vous 1700 FCFA chacun, c’est normal car tu es le patron (cf le toubab) ». Qu’est ce qu’elle n’a pas dit. J’ai du la remettre en place. Je lui ai dit que quand on ne connaît pas les gens il ne faut pas juger sur l’apparence et qu’on soit blanc ou pas, on est tous pareil. Donc on va tous payer le même prix. Après quelques négociations et vu qu’il était minuit passait je n’ai pas voulu passé mon temps à discuter. On grimpe dans le taxi brousse et la bonne femme, qui attendait maintenant depuis bien 2 heures va faire ses courses : acheter son pain, de la bouffe. Avec Djakba on était carrément fou. On te lui a passé un savon…elle se foutait vraiment de nous.
Après toutes ces péripéties, nous sommes arrivés à Fatick à 1h du matin, soit 6h de voyage pour le soir. J’avais un peu peur que le gardien soit parti dans son village car le président était reparti sur Dakar. Et puis non, il dormait sur son matelas mousse à côté de la porte.



Mat

posté le 2007-04-02 à 23:00:45

Mercredi 28 mars

Maintenant que je viens de retrouver le calme, seul devant mon ordinateur avec la clim qui me souffle dans le dos pour écarter les moustiques et éviter que mes « doigts collent aux touches », je profites de ce moment de répit pour agrémenter ce blog.

Dans mon premier mail je m’étais peut être un trop étendu, mais vu que c’était la première semaine je me remettais dans le bain avec tous mes merveilleux souvenirs précédents et au final je me disais que j’étais vraiment ravi de retourner au Sénégal pour retrouver mes amis, retrouver les îles du Saloum, retrouver puis surtout poursuivre notre projet caprin, et enfin découvrir toutes les merveilleuses choses et endroits que je n’ai pas eu l’occasion de découvrir précédemment. Dès la première semaine je me retrouvais comme un toubab sénégalais avec l’envie de vivre l’aventure à pleins poumons et jusqu’au bout. C’est pourquoi, je me suis dit dès le départ que je ne vais pas rester à Fatick les week-ends sinon je vais être obligé de bosser. Ainsi j’ai accompagné l’étudiant véto sur ses activités de thèse. En tout cas on s’est bien marré.

La semaine dernière j’ai alterner visites de brousse et bureau. C’est vraiment un boulot intéressant que de partir en mission, discuter avec nos éleveurs, se rendre compte des résultats issus de notre travail 2006 avec une bonne réussite de campagne d’IA, discuter avec les femmes sur les possibilités de formation sur le lait et la mise en place d’une mini-laiterie. Toujours pour partir sur de bonnes initiatives Djakba, l’étudiant véto, m’a proposé de passer le week-end sur Dakar dès vendredi soir. On a fait une halte à Thiès pour passer la nuit chez un de ses potes camerounais, Sali, ingénieur agro. J’étais super content de rencontrer des catholiques car on a pu « déguster » à pleines goulées la Flag et la Gazelle. Mais qu’est ce qui torchent les camerounais…..Ouuuah….heureusement que j’ai mon petit entraînement St Gildassien…… Après manger sur Thiès, on est sorti dans un premier pub, plutôt sympathique et très correct « Le croissant magique » mais la flag est un peu chère. Sali me dit qu’on ne vient pas dans ce pub uniquement pour boire la bière. Puis ils me proposent d’aller boire une bière autour « d’une bougie ». On grimpe dans un taxi pour nous déposer devant une….une façade de maison grisâtre, avec une lumière bleue à l’entrée. Rien d’attrayant aux premiers abords. Mais à l’intérieur c’est un autre pub, moins décoré, moins attrayant mais au moins la bière est bien fraîche et pas chère.
Le lendemain, après avoir pris le petit déjeuner devant un DVD de zone interdite « Sur les traces de Ben Laden » nous prenons la direction de la gare routière pour se rendre à Dakar. Juste à l’entrée de la gare routière, nous sommes passés au cœur d’une chaîne de remontage des « 380 » Mercedes….euh…qu’est ce que je dis….on peut même dire chaîne de fabrication des cars Mercedes puisqu’ils fabriquent une nouvelle carrosserie découpée dans des tonneaux en fer de 200 litres souvent utilisés pour stocker de l’huile de vidange ou de l’huile végétale. Tandis que les pièces mécaniques (moteur, transmission) sont adaptées à partir d’autres modèles ou marques de véhicules. Vraiment ingénieux et débrouillards ces jeunes sénégalais.
Puis, j’ai passé tout le week-end au « Véto ». Surnom donné par les étudiants à l’école vétérinaire inter-état de l’Afrique de l’Ouest et même plus. Il y a pleins de nationalités : sénégalais (bien sur), camerounais, ivoirien, rwandais, guinéen, burkinabé, centrafricain, béninois, togolais. En tout c’était bien sympa cette rencontre. On a passé le samedi après-midi à déguster quelques sortes de bières puis on est sorti en boîte sur Dakar. Excellent. Du zouk à plein, du Cap-verdien, de l’Ivoirien…le Top….mais pas de Mbalaax car le samedi soir est réservé aux autres musiques africaines. Lors d’une petite série de Dance, j’ai pu entendre nos amis roumains d’Ozone !!
Le lendemain, j’ai visité un peu les coins de Dakar que je ne connaissais pas avec Djakba comme guide. A l’origine j’avais pris mon maillot de bain car j’avais l’intention de me baigner. Une fois arriver au bord d’une plage j’ai vu les sénégalais d’un côté, les toubab de l’autre qui font bronzette. Puis un gardien de plage me dit qu’il faut payer 5000 F pour se baigner. Je me suis dit on remballe le tout et on trace. Puis on a continué notre balade le long de la plage. Je ne risquais pas de me baigner car les eaux usées de la ville « s’épandent » par graviter…..et comme la mer est en contre-bas…. !!!

lundi 26 mars,
J’ai fait le tour des concessionnaires 4*4 de Dakar pour connaître les prix des pick-up neufs pour notre projet. C’était bien cool. Mais un peu cher car j’ai un budget limité. L’offre la plus intéressante était à l’Africaine de l’automobile avec un pick-up Ford Ranger, le dernier prix était de 10,9 millions hors taxe – hors douane pour un modèle 2007 de base. Autrement nous pouvons rajouter 1,5 millions pour les autres marques comme Mitsubishi ou Toyota. J’ai profité de l’occasion pour regarder les motos…. A voir entre une neuve ou une bonne occasion. Mais les occasions sont déconseillées au Sénégal vu le mode de conduite. Le soir j’ai récupéré à l’aéroport notre stagiaire français technicien caprin du CFPPA de Melle qui intègre notre équipe projet pour 2 mois. Nous avons prévu de le faire bosser sur le projet de chèvrerie villageoise de Mbassis.

Mardi 27 mars,
Aujourd’hui, je n’ai pas pu mettre à jour mes mails car je devais briefer le stagiaire, l’accompagner dans ses démarches, faire connaissance, présenter les personnes du conseil régional. En fin d’après-midi nous avons tenu une réunion d’information sur notre projet au conseil régional avec la présence des chefs de services techniques de la région….la prise de tête. Nous avons fait le bilan des activités 2006, le bilan à ce jour de la campagne d’IA 2006. Ensuite je présente le plan d’actions que nous avons élaboré en France afin de partager les idées avec la partie sénégalaise. En premier je pose une question sur la situation du stock d’aliment du bétail issu des 10 tonnes offertes par le ministère de l’élevage. Dr. Cissé avait fait une répartition totale du tonnage et ils ont attribué 5 tonnes à Niakhar qui malheureusement n’a plus d’animaux.
Je m’aperçois qu’il y a un décalage en matière de perception du projet entre la partie sénégalaise et française et moi au milieu. Pour expliquer rapidement, la partie française souhaite rentrer rapidement au cœur de l’action pour pérenniser le projet à travers des formations de femmes, la création d’un réseau de collecte et de transfo du lait de chèvre…Soit le développement d’une économie caprine locale. Pour cela nous avons ciblé des sites où les gens sont actifs et mobilisés comme Djilor ou Mbassis. Tandis que la région de Fatick veut absolument poursuivre les inséminations, faire de grands projets sur un village, proche de Fatick. En tant que technicien on propose des pistes de travail très pertinentes et on s’aperçoit que si elles ne sont pas suivies on part droit à l’échec ou au bordel organisé, les hommes politiques décident donc des orientations et activités s’ils l’ont décidé…Un peu compliqué. La notion de technicien est vraiment différente entre les pays surtout si on travaille au sein d’une collectivité locale. En France, on demande des moyens de résultats et moins de mise en œuvre. Au Sénégal j’ai l’impression que ce serait l’inverse. Au cœur d’une collectivité locale on nous dit clairement qu’en tant que technicien notre travail se résume à faire différentes propositions, puis de les soumettrent aux responsables politiques qui prennent la décision finale. Du coup il faut que je mettes de « l’eau dans mon vin » (ce qui est un sacrilège…) afin que je sois un peu plus …diplomate. Un vrai enseignement !!!! Mais rien de grave.

A l’issue de la réunion j’ai proposé à Benjamin et Ousmane d’aller boire un coup au Fasanda pour faire plus amples connaissances autour d’une flag.


Jeudi 29 mars,

J’essaye de finaliser la rédaction de la synthèse de mes enquêtes. Benjamin arrive en fin d’après-midi à contacter Royal Air Maroc qui l’informe que ses bagages sont disponibles vendredi à l’aéroport. De mon côté, je fais avec Ibou Diop sur les véhicules d’occasion (toyota prado) à Dakar. Du coup, je veux organiser une mission pour se rendre à Dakar : prendre les bagages, retirer de l’argent, visiter les véhicules, renconter Géraldine Tardivel et Abder Benderbouche. Mais en fin d’après-midi nous n’avons toujours pas de véhicules, ni de carburant. De plus, Alasane attend des nouvelles du président qui l’informe en début de soirée que je dois réaliser une note sur l’acquisition du véhicule et faire le point sur les offres neuves et d’occasion. Ainsi je n’accompagne pas Benjamin à Dakar.

Vendredi 30 mars,
Je m’entretiens au téléphone avec Benderbouche qui m’informe de l’évolution du dossier FEC et de la convention de partenariat entre le Minel/ CRF. De plus il me donne des tuyaux pour le véhicule. Puis Benjamin nous appelle pour nous informer que ses bagages ne seront disponibles que dans la soirée donc il doit dormir sur Dakar.
Je réalise la note pour le président dans la journée et je finalise et imprime mon dossier sur la typologie des systèmes caprins dans la région de Fatick.
Etant donné que Benjamin ne rentre que samedi midi, nous allons devoir reporter le départ pour Mbassis voire l’annulé.

Samedi 31 mars,

J’arrive au CRF dans la matinée puis je m’entretiens avec Alasane pour faire le point sur le dossier « Véhicule projet ». Le président a déjà regarder la note et ils optent pour la solution : Achat véhicule neuf, la région P-C donne la subvention au CRF qui complète le montant jusqu’au prix total TTC. Par la suite, nous devons rédiger une circulaire auprès de la FRESYCA pour qu’ils donnent leur accord et puis nous devons préciser la mise à disposition, et divers comme l’assurance, le carburant, la vignette…




Christine


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2 messages

posté le 2007-04-06 à 08:08:27

Première fois que j'entre dans un blog- je remarque tout de suite que le technicien caprin français dévoile son style plus libre et personnel sur son blog... à moins que ce soit la coupure en France et le nouvel élan depuis son retour à Fatick... En tout cas, il semblerait que notre Math ait découvert, sur le terrain, l'écart entre la mise en oeuvre effective d'un projet, et les politiques tortueuses des instances politiques qui détiennent l'argent... pour mener à bien tout projet... C'est là où il va falloir faire preuve de patience, de diplomatie... et de self-discipline pour ne pas tomber dans la corruption d'agents de l'état et d'élus... Ou se laisser "acheter"...
A propos, le 4X4 est-il désormais à disposition de notre technicien caprin? Mon seul souci est écologique... Mais bon, si cela peut permettre à notre technicien d'être autonome et de pouvoir passer ses week-ends là où bon lui semble...
Les Sénégalais catholiques fabriquent-ils du vin? Question à soumettre à tout viticulteur blogeur-- car si fromage de chèvre est servi sur la table ségénalaise, va t-on boire de la flag avec? Et le pain?
Bref, qui peut me décrire les subtilités de la gastronomie sénégalaise ?

Joyeuse Pâques à tous,

Christine.

Christine

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