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posté le 2007-06-03 à 19:00:45
Après un stand-by dans la prolongation des nouvelles il faut revenir au pas de charge. En effet, cette rupture n’est pas due pour une fois à une coupure d’Internet mais plutôt aux coupures d’électricité suivies de la réalisation de quelques dossiers importants. D’autant plus que je profitais de l’ouverture de mon blog "ouestmath.blog4ever".com pour donner des nouvelles et présenter quelques photos. Néanmoins, il semble que ce ne soit une bonne idée puisque je ne reçois pas d’informations en retour. C’est pourquoi je reviens à la bonne vieille méthode qui consiste à envoyer un mail groupé.
En même temps que j’écris ces quelques lignes, je profites du retour de l’électricité pour recharger la batterie et suivre la rediffusion des luttes traditionnelles avec mes colocataires.
Mais avant de poursuivre sur l’actualité des activités et diverses, il convient de remonter à la fin du mois d’avril.
En effet, la dernière semaine d’avril était consacrée à l’accueil d’une délégation indienne de la région de Pondichéry (sud de l’Inde). Dans le cadre du partenariat qui existe entre le région de Fatick et la région Poitou-Charentes, un axe de développement s’intéresse au micro-crédit et à la micro-finance dans la région de Fatick. De même, le région Poitou-Charentes est bailleur de fonds auprès de l’ONG indienne INDP (Intercultural Network for Development and Peace). Cette ONG travaille dans l’éducation et la valorisation des couches les plus vulnérables nommées les « Intouchables » ou les « Dalits ». De plus, cette ONG a créé un système de micro-crédit coopératif basé sur l’épargne et la micro-finance des populations. Cette structure nommée BRWD (Base Rural for Women Development) appuie des micro-projets socio-productifs. La région de Fatick comporte un système de micro-finances relativement couverts par des institutions mais les bénéfices ne reviennent pas aux populations, dans certains le micro-crédit appauvrie les gens. C’est dans ce contexte que la coopération décentralisée décide d’ouvrir sur un partenariat sud/sud.
Nous avons organisé un grand nombre de visites de terrain et des rencontres de proximité auprès des groupements de femmes, des porteurs de micro-projets, les éleveurs caprins… Les thèmes approchés se sont restreints essentiellement aux axes de la coopération à savoir la filière caprine, les énergies renouvelables et l’éco-tourisme. Un grand nombre de femmes souhaitent développer des activités génératrices de revenus mais les fonds se font discrets et les agences de micro-crédits proposent des taux de prêt avoisinant les 2,5% par mois avec une durée de remboursement souvent très faible.
C’est pourquoi les partenaires indiennes ont proposé un système alternatif basé sur une réduction du taux d’emprunt et un accroissement de la durée de remboursement. De plus les intérêts procurés par l’épargne reviendront directement aux populations adhérentes. Mais, il s’agît à ce jour que de propositions et nous attendons l’accord des 2 régions partenaires et de l’engagement de l’ONG indienne.
Dans tous les cas, ce partenariat sud/sud semble très promoteur puisqu’il centre les échanges sur des rencontres, des discutions et une écoute. En effet, ce dernier point est souvent oublié au cours des partenariats Nord/Sud. Avec cette rencontre, j’ai pu m’apercevoir de la différence d’approche dans les partenariats. Dans les échanges Nord/sud il existe parfois une certaine brume de néocolonialisme, même s’il n’est pas perçu directement. Très souvent les pays du Nord veulent imposer leur système de développement (ou lutte contre la pauvreté) qui rentre dans des cadres prédéfinis sans laisser place aux réalités socio-économiques et culturelles locales. C’est pourquoi les associations de solidarité internationale ont également un rôle important à jouer puisqu’elles interviennent souvent aux plus proches des populations. Même si elles manquent cruellement de moyens financiers, elles favorisent le plaidoyer et les échanges rapprochés avec les communautés.
Depuis nous avons laissé partir nos Indiens sur un goût prononcé de partenariat Inde/ Sénégal. Une proposition intéressante a émergé, elle consiste à créer une structure de micro-finance alternative dans la région de Fatick. Un gros travail de sensibilisation et formations des gens va avoir en préliminaire afin de motiver les gens et leur rendre compte de leur importance et de la défense de leur droit et bien en commençant par leur épargne. Du coup, le principe sera de faire épargner les gens dans cette caisse. Puis avec le fond régional de développement (garantie financière), il sera procédé à la mise en œuvre de micro-crédits auprès des groupements de femmes organisés au nombre de 20 personnes et qui s’intéressent à une activité génératrice de revenu.
Mais j’ai surtout compris pourquoi les indiens et leurs filières technologiques commencent à émerger sérieusement sur le marché mondial. Avec leur goût pour le militantisme et leur engagement, ils n’hésitent pas à faire des propositions voire même à s’engager. Ainsi, ils souhaitent même mobiliser leurs partenaires techniques pour travailler sur l’exportation à Fatick de matériels agricoles et des équipements solaires. A cette allure, ils vont peut-être finir de griller la coopération avec la région Poitou-Charentes. Je plaisante.
Lors de la mission d’expertise avec les indiens, nous avons pu profiter de nombreux contacts extrêmement enrichissants avec les populations et certains éleveurs. Nous avons travaillé brièvement dans le secteur de l’élevage mais aussi dans le tourisme. Avec la visite de quelques îles du Saloum. Dans le sud du département de Foundiougne nous avons eu la chance de visiter une millerie qui a bénéficié d’un financement du royaume des Pays-Bas. Certaines ruches sont traditionnelles puisqu’elles sont confectionnées avec un mortier couché couvert d’une tôle coupée dans un fût en fer. Très polyvalent comme matériaux. Le miel est support car les abeilles butinent toute la journée les fleurs de palétuviers.
Le jour du 1er mai est férié au Sénégal, pendant que les indiens se promenaient dans les îles, les agents de services du conseil régional et ceux de la commune, défilaient dans les rues de Fatick en boubou traditionnel. Habituellement, un cahier de doléances est rédigé puis soumit aux responsables du personnel ou président de région. Au désespoir de mon collègue Léon, relativement militant dans l’âme, aucun cahier n’a été rédigé pour exprimer leur ressenti et revendication notamment au niveau de la gestion du service, du paiement des heures supplémentaires, …
Depuis, je suis revenu à mes moutons ou plutôt à mes chèvres avec le retour sur mes dossiers en cours et qui traînent parfois. Toutefois, le lundi 7 mai j’ai été interpellé par un gars de Fatick, consultant dans un cabinet privé et qui habite dans la communauté rurale de Diouroup, à proximité de Fatick. Cette localité est en partenariat avec une commune finlandaise. Du coup, une délégation finlandaise et sénégalaise souhaitait visiter nos sites d’intervention caprine. Même si le projet avance à petit pas, la communication de bouche à oreille nous échappent mais elle a l’air d’être très répandue. Avec mon stagiaire, nous avons présenté notre projet de chèvrerie villageoise, insémination artificielle et appui aux organisations paysannes. Du coup, les finlandais et sénégalais ont souhaité faire de l’IA caprine. A mon grand désespoir car ce n’est pas un acte durable dans le temps et financièrement sauf s’il est promulgué à grande échelle au détriment des races locales. Il est plus avantageux d’appuyer et structurer les organisations paysannes et pratiquer du renforcement de capacités. On attend de voir la suite si nous allons avoir un autre site d’intervention.
Depuis lors, les activités suivent sont cours mais j’aimerai partir davantage sur le terrain pour travailler directement avec les éleveurs au lieu d’échanger par mail ou téléphone, rédiger des lettres, concevoir des projets. Mais petit à petit ça se décante sauf qu’il y a toujours un dossier houleux que l’on oublie comme la prise en charge actuelle de la gestion des chevreaux métis. En effet, nous sommes en pleine période de soudure, les ressources alimentaires naturelles diminuent drastiquement. Et d’un autre côté, les éleveurs veulent absolument récupérer leurs chevreaux. Tandis que notre projet souhaite constituer un noyau de chevreaux métis afin de réaliser un suivi rapproché puis de concevoir des accouplements programmés et non des saillies sauvages.
Mais j’ai tout de même l’occasion de partir en brousse comme la semaine dernière, au village de Mbassis. Etant donné que mon stagiaire repartait en France je devais faire le point de ses activités et réaliser une synthèse avec les éleveurs. Comme d’habitude, aventure- aventure pour faire 30 km. Un nouveau marathon commence. Flash-back d’une semaine en arrière.
Malgré un jour férié, le jour de l’ascension, je décide de partir à Mbassis avec le bac de 15h30. Le matin, je termine un dossier sur l’ordinateur mais le temps passe si vite que j’oublie d’aller chercher du lait en poudre pour les chevreaux au cabinet vétérinaire. Ni une, ni deux je prends le Ciao (mobylette) de mon collègue de boulot. Après une poussée sur 40 m, la brêle fini par péter mais je m’aperçois vite au premier virage, que sa capacité de freinage est très limitée voire inexistante. En plus, je ralentis trop, elle fini par caller puisque son ralenti est mal régler (juste un détail). Tout cela pour finir de me mettre en retard surtout que le cabinet venait juste de fermer, du coup pas de lait pour nos chevreaux. Je rentre à la maison pour préparer mon sac de mission et ….vroum….un taxi-mob pour attendre le bus de Foundiougne à la sortie de Fatick……14h15…..14h30….un autre mec arrive mais toujours pas de bus. De plus, les voitures se font rares pour faire du stop……14h45….un taxi propose de nous emmener pour 5000 FCFA….trop cher. Surtout qu’on aurai du payer cette somme à trois…..14h50….Cette fois on repart négocier avec le chauffeur de taxi. Il décide de nous prendre pour 4000 FCFA, une chance inouïe. Mais c’était encore un vieux rafiot. Une vielle 504 ou 404….A mi-route, j’ai du lui dire « on n’a pas pris le taxi pour rater notre bac ». Le mec conduisait tout cool. Au finish, nous sommes arrivés à temps car le bac commençait à partir. Bref. Une étape de passée.
Ensuite je devais négocier une charrette ou une mob de l’autre côté. Vu que nous étions en jour férié, les charrettes se faisaient rarement alors j’ai du me rebattre sur les mobs. Je n’aime pas ça. Car prendre un taxi mob sur 7 km de piste sableuse….l’horreur. Mais pas le choix. Les gosses ne voulaient pas m’emmener en dessous de 1500 FCFA Mais avec plusieurs instants de négociation, un jeune fini par me conduire pour 1300 FCFA. On passe prendre un litre d’essence « frelatée » (je précise). Et avant de partir le gosse me dit que c’est un cascadeur !! Et bien…qu’est ce que je n’ai pas fait. Effectivement, heureusement il conduisait pas trop mal parce que faire de la mob à 2 avec un sac à dos et dans le sable….une vraie expédition. Au final, je rejoins le campement sans encombre.
La fraîcheur du soir revenait petit à petit. Le temps de faire un tour de la chèvrerie et saluer quelques connaissances et le soleil s’était couché. Le lendemain, nous avons pu tenir une réunion avec les femmes et les éleveurs pour créer un nouveau bureau de gestion de la chèvrerie. Ensuite, le stagiaire devait réaliser une mini-formation à la gestion organisationnelle d’un bureau de groupements de femmes avec une explication des « très » grandes lignes d’une tenue de compte. Mais c’était très intéressant. La chaleur commence à nous accabler alors nous avons du combattre le mal par le mal…direction la mangrove pour se baigner…trop cool. Mais le temps passe vite et nous devons rentrer au campement pour préparer nos affaires, prendre une charrette pour Foundiougne et rejoindre le bac de 17h en direction de Fatick. A nouveau, rebelote…
Théoriquement, à la sortie du bac un bus doit attendre pour transporter les gens jusqu’à Fatick. Mais avant de prendre cette décision, on va essayer de demander à un véhicule qui traverse avec nous pour faire du stop. On avait le choix entre 205 pleine à craquer, donc cette hypothèse a été vite éliminée. Ensuite nous avions un véhicule de l’administration pénitentiaire. Le chauffeur était réticent aux 1ers abords car il n’avait pas le droit de transporter des gens en stop surtout s’ils ne connaissaient pas les gens. C’était dommage car il s’agissait d’un nissan pick-up hard-body, dont le pick-up était transformé en « cage » cadenassée pour transporter des prisonniers. Aujourd’hui, la cage était vide. La 3ème solution était un simple taxi brousse avec 2 places de libres. Je me suis dit…merde…on ne va pas prendre le taxi. Alors je repars discuter avec le mec du véhicule-bétaillière, qui discutait avec un gérant du bac. Heureusement je connaissais ce dernier car à force de traverser avec les missions du projet, nous commencions à se connaître. Du coup, il dit à l’autre gars (chauffeur) que je travaille pour le conseil régional dans un projet d’élevage….et patati et patata. Bref, le mec fini de nous emporter dans sa « bétaillère ». Génial. Nous voilà en train de voyage dans un véhicule de tolar !!! Nous étions avec 2 autres gars qui remontaient aussi sur Fatick. Mais malheureux, le mec conduisait trop vite. En moyenne à 100 km/h sur la piste complètement défoncée. Je garantie, elles sont bien confortables ces nissans bétaillères.
L’autre auto-stoppeur travaillait dans une auto-école à Kaolack. Une chance. Pendant le voyage nous avons pu échanger sur les modalités pour passer un permis au Sénégal. En gros, si tu dis que tu sais conduire une moto, le mec n’insiste pas. Il suffit juste de payer l’équivalent puis c’est ok.
Nous avons rallié l’embarcadère du bac à Fatick (30 km) en tout juste un quart d’heure. Complètement cinglé. La prochaine fois nous prendrons plutôt une benne.
Mais le marathon ne s’arrête pas là. Samedi et Dimanche nous avons l’intention de partir sur Mar Lodj.
Samedi 19 mai, levé 7h pour prendre un diaga ndiaye (car-rapide) à la gare routière de Fatick. Nous devons changer 2 fois de bus pour atteindre enfin le village de Fimla et négocier un clando (taxi clandestin) pour arriver jusqu’à Ndangane. Mais à la différence des autres fois, je dois descendre à Ndangane campement pour changer de l’argent. A peine descendu du taxi, que l’on subit les insistances des rabatteurs qui veulent souhaites nous emmenez chez leur pote, gérant de campement ou piroguier pour nous faire traverser. Mais avec surprise je retombe sur un rabatteur que nous avons rencontré avec Schawi, Pierre-Manue et mes parents en octobre dernier. En fait, c’est le rabatteur qui m’a reconnu car on avait tellement négocié avec lui l’année dernière et que peu de Toubabs discutent à un point limite du prix sénégalais. Ce n’est pas étonnant qu’il se rappelle de moi. Bref, mais cette fois-ci, le gérant du campement de Mar Lodj ne peut pas venir nous chercher car son moteur Yamaha est en rade. Ainsi, un mec nous propose de faire la traverser avec ses autres clients toubabs. Il s’agit d’une affaire de quelques minutes pour que les gens se préparent. Le piroguier nous emmène dans le campement avec une piscine. Apparemment on pouvait se baigner mais je me suis dit que si on commence à prendre du bon temps, on n’est pas encore prêt de partir. Au final, les quelques minutes se transforment en heure. Le mec commence sérieusement à nous agacer par cette attente insensée. Du coup, on récupère nos sacs et on se casse vers l’embarcadère pour négocier une autre pirogue. Au finish, c’est un gosse qui nous fait traverser dans une coquille de noix. Mais il pense qu’on est venu pour visiter les bolongs alors il effectue un tas de détours au fil de l’eau pour longer la mangrove. C’était le pompon !! Tant bien que mal, que nous arrivons sur l’île avec 2 heures de retard.
Nous avons donné rendez-vous à deux autres volontaires du progrès : Cécile et Xavier. Nous avons fait la rencontre de Cécile auparavant car elle effectuait une étude à Mbassis (village comportant notre chèvrerie pilote) avec la même association, sur la réalisation d’un forage ou d’une adduction d’eau depuis le forage d’un village voisin. Quant à son copain Xavier, il bosse avec la GTZ (coopération technique allemande) sur les énergies renouvelables et notamment l’utilisation « intelligente » du charbon à travers la construction de cuiseur économe.
On passe un très bon week-end au fil de l’eau. Des gosses essayent de pêcher avec leur filet sur la plage, ainsi on va se joindre à eux pour les aider à tenir le filet dans l’eau mais la pêche n’est pas fameuse car la gestion du filet se transforme en anarchie puisque chacun veut appliquer sa façon de pêche. Dans la soirée, nous allons au village pour rejoindre les jeunes du village et participer à une petite fête aux sons des djembés et de la guitare, les chants et danses des enfants. A la fin, les jeunes voulaient qu’on tue un cochon de lait pour le faire cuire à la broche sur la plage avec une caisse de gazelle. Mais ce ne sera que parti remise.
Comme il se doit pour un dimanche matin, nous partons avec Iba, son piroguier, les cannes à pêche et le kilo de crevettes congelé comme appâts. Cette fois-ci la pêche a été un peu plus intéressante sauf que j’ai failli planter mon hameçon dans les cheveux d’Iba lors d’un lancement « spectaculaire ». J’ai oublié de déverrouiller mon moulinet. Au moment où je m’apprête à lancer ma ligne avec conviction mon élan se retrouve vite stopper par mon manque de vigilance mais heureusement il y a eu plus de peur que de mal. Mais notre week-end se termine et tout le monde doit repartir à ses occupations hebdomadaires. En tout cas je suis bien content d’avoir fait la connaissance de deux volontaires. D’autant plus qu’ils ont appartement à Dakar. Ca me fait un nouveau pied à terre lors de mes déplacements à la « grande ville ».
La semaine du 21 mai reste calme à cause des élections législatives car le conseil régional vit au ralenti. D’autant plus que le président est en campagne et le secrétaire général en formation à Lyon. Puis le stagiaire repart en fin de semaine sur Dakar pour prendre son avion pour Lyon St Ex.
Mais le week-end, un autre périple recommence. Samedi matin (26 mai), je pars rendre visite à un auxiliaire vétérinaire avec un collègue. Le gars souhaite constitué une petite chèvrerie améliorée. Du coup, je visite ses installations, ses superficies pour étudier le potentiel. Ainsi, comme le mec est vraiment motivé nous allons probablement faire de l’insémination chez lui et des essais de cultures fourragères. Je me suis fait livré 10 kg de semences de luzerne par les parents de mon stagiaire lors de leur venue en avril. Ainsi, je vais en donner les 2/3 au mec pour que nous réalisons des essais avec des semences de légumineuses locales. Nous avons beaucoup de chance de réussite car le gars dispose d’un champ clôturé naturellement par des arbustes épineux et de plusieurs puits pour une irrigation en hors saison des pluies.
Mais ce week-end a lieu le pèlerinage annuel de Popenguine avec les jeunes catholiques. Je n’ai jamais fait Taizé mais je pense que ça doit être dans le même style. Ainsi, Léon mon collègue de travail m’a proposé de l’accompagner pour cette marche pèlerinage.
Dimanche matin, 5h, le réveil sonne. Je prépare mon sac à dos, la tête dans le cirage pour partir chez Léon qui doit nous emmener au lieu de rassemblement avec sa mobylette. Mais seulement après une poussée sur 80 m, pêt…pêt…pêt…vrooooooum. Un nuage bien bleu et la mob démarre. Huit cars, soit environ 300 jeunes partent de Fatick pour rejoindre Mbour à 50km. De là, nous marchons à pied jusqu’à Popenguine. A l’origine, la distance ne devait être que de 20Km. Mais Mbour, d’autres jeunes attendaient pour faire la marche. Au départ, nous devions être au moins 2000 ou 3000 personnes. Nous partons à 8h30 du matin. Certains sont bien équipés : sac à dos, basket. D’autres, le sont moins : sac en plastique, sandales en plastiques. Dans ce cas on peut vraiment dire qu’il s’agît d’un pèlerinage. Bref, l’ambiance est bien sympathique car dans notre groupe des jeunes avaient apportés des petits djembés pour mettre l’ambiance pendant que d’autres chantaient en marchant voire dansaient. Le matin était encore frais, le sol relativement dur. Mais plus on avançait et plus la température augmentait. Nous avons fait une halte vers 13h30 sous un immense manguier pour se ravitailler. La marche était très bien organisé car des sapeurs pompiers marchaient avec les jeunes pour les encadrer tandis que des pick-up suivaient les groupes pour distribuer de l’eau…bien évidemment donner par Orange ou Western Union.
Mais après la pause, les choses se gâtent car nous marchons principalement sur de la latérite. Ce qui fait une poussière immense. Mais plus on avance, plus la latérite se transforme en sable mou. Trop chiant pour marcher surtout que cette fois-ci il fait vraiment chaud. Enfin vers 15h nous arrivons au bord de la mer. Mais ce n’est pas encore terminé car il y a deux kilomètres à faire dans les collines rocheuses. Finalement ce ne sera que vers 15h30 que nous franchissons les portes de Popenguine où des milliers de pèlerins ou squatteurs sont déjà présents. Comme il se doit, chaque groupe rentre dans le village en chantant pour faire un maximum de bruit à comparer des autres groupes de marcheurs. Djembés et bouteilles d’eau sont sollicités, bien évidemment, pour cela. Je commençais à avoir les pieds en compote et surtout bien crade à cause de la poussière. Le site était assez bien organisé avec des moyens logistiques présents. L’état avait mis à disposition le service de santé de l’armée avec des tentes et des lits de camps pour la surveillance et la sécurité.
Par contre, pour se laver c’est une grande histoire. Ils avaient construire des grands bacs à douche en plein air avec des tuyaux et des pommeaux de douches. Dans ce cas, tu n’as plus qu’à te mettre en caleçon et allait te laver avec les autres. Il ne faut pas y craindre. Mais tu es tellement poussiéreux et fatigué que ça fait trop bien.
Dans la soirée, on me dit que nous avons fait 42km tandis que je pensais qu’on avait seulement marché pendant 20km. Ceci explique l’état de fatigue avancé. Après avoir mangé notre ration alimentaire et fait un tour dans la ville, nous n’avons plus qu’à se reposer un peu. Mais à la différence des autres gens, nous n’avons pas de toile de tente. Nous avons juste une natte en plastique à étaler par terre. Après avoir chercher un endroit pour se coucher, nous squattons dans la cour d’une maison avec d’autres gens qui eux avaient planté la tente. Mais Popenguine est au bord de la mer. Même avec mon sac à viande et tout habillé, j’ai eu trop froid. Ainsi à 5h du matin nous étions déjà réveillé. De toute façon il ne fallait pas durer. En effet, après avoir pris un petit déjeuner à la sauvette, nous repartons dans le « sanctuaire » (construire à cet effet, pour la messe de la pentecôte et qui doit comporter pas loin de 10000 places, si ce n’est plus). Toutes les places étaient déjà prisent à 6h du matin, par les marcheurs qui avaient dormis la nuit sur place. Nous trouvons finalement une place avec d’autres gens de Fatick et nous attendons jusqu’à 10h, que la messe commence. Bien avant, le site se remplit encore et encore. Car beaucoup de gens participent uniquement à la messe. Au final, pas loin de 40 000 personnes devaient participer à la messe de la pentecôte qui regroupe les 4 quatre coins du Sénégal, diffusée en direct sur la chaîne de télévision nationale sénégalaise.
Un important dispositif d’encadrement était mis à disposition pendant la messe. Entre sapeurs pompiers, service de santé des armées, croix-rouge du Sénégal et scouts du Sénégal. Mais cette messe était anecdotique. A cause de la fatigue accumulée et du manque de ravitaillement, un grand nombre de filles s’évanouissent pendant la messe. D’un coup tu entends un sifflet de scout pour appeler les secours puis un grand cri. Et cela durant toute la messe. Les sapeurs et la croix-rouge étaient débordés. Les brancards n’arrêtaient pas circuler. Après un discours final des autorités religieuses et étatiques, la messe se termine vers 14h. Bien assez long.
Enfin, nous repartons sur Fatick en fin d’après-midi mais en car cette fois-ci.
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