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posté le 2007-07-01 à 19:44:25
De retour pour la poursuite des activités de la mission VSI entre Terre du Sine et eaux du Saloum. En effet, il ne faut pas oublié d’allier l’utile à l’agréable. On revient en arrière sur la vie au Sénégal, la vie du projet et l’enthousiasme africain.
Lors du dernier mail, je m’étais arrêté au week-end des élections législatives au Sénégal. Ces derniers étaient controversées à cause du choix du boycott par les 7 grands partis majoritaires après le parti présidentiel : le PDS (parti démocratique sénégalais). La problématique évoquée était le manque de transparence du fichier électoral issu des élections présidentielles de février. Ainsi les élections législatives n’ont pas révélé de surprise au contraire. Le taux d’abstention était très élevé puisque les électeurs connaissaient déjà les résultats envisagés et remportés par le PDS. Pour contre carré cela le jour des élections, le PDS allait jusqu’à chercher les gens dans les maisons, voire même payer des jeunes pour qu’ils partent votés.
Par la suite, notre président de région est devenu député. Du coup, il se fait rare au conseil régional ce qui freine parfois quelqu’un de nos dossiers.
Mais le mois de juin a été particulièrement marqué par une autre mission de la coopération décentralisée : l’écotourisme. En effet, aux côtés du projet caprin, et des ébauches du volet micro-finance (coopération tripartite), un nouvel enjeu rentre dans le partenariat : l’intérêt pour l’environnement en lien avec le tourisme.
La mission s’est déroulée du 11 juin au 22 juin. Pour cela, nous avons reçu une partenaire de la région Poitou-Charentes experte en tourisme rural. Pour se faire, nous avons déroulé la mission sur les deux départements touristiques ou à potentiels touristiques de la région : à travers la mangrove, sur les îles du saloum, au cœur du parc national du sine-saloum.
Une petite campagne de promotion pour cette magnifique région qui vient de rentrer en 2005 dans le prestigieux club des 30 plus belles baies du monde. En effet, la région de Fatick est une région du Sénégal qui dispose de ressources patrimoniales et environnementales exceptionnelles : parc national du delta du Saloum, faune, flore des îles du Saloum, patrimoine historique et socio culturel.
Malheureusement elle reste encore peu valorisé sur le plan touristique et face à une demande en évolution (avec l’absence d’un plan d’aménagement des sites à vocations touristiques de la région). C’est dans ce contexte global qu’intervient la mission de reconnaissance écotourisme en vue d’étudier les conditions d’émergence d’un projet d’ écotourisme qui répond aux besoins de diversification de l’offre et qui intègrent les acteurs concernés sur nos deux territoires. La problématique actuelle tourne autour du développement d’un tourisme mieux accepté et profitable aux sénégalais nécessite donc une plus grande implication des nationaux dans les activités touristiques sous des formes qui puissent éviter la perversion des mœurs et assurer le respect des cultures des terroirs locaux.
Mais pourquoi l’écotourisme ? L’écotourisme est d’abord une activité de tourisme composée de différentes fonctions comme l’accueil, le service, l’hébergement/ restauration et le loisir. Et de spécificités qui caractérisent la notion d’écotourisme d’une manière globale comme une activité qui préserve, qui gère, qui valorise par une interprétation du patrimoine culturel et environnemental en intégrant l’économie locale et en permettant les retombées auprès des populations locales. Mais l’écotourisme s’est aussi : une activité qui s’appuie sur des initiatives individuelles et/ou collectives dans un milieu diffus et qui s’intègrent dans une logique territoriale.
Nous avons débuté la mission par le département de Fatick et notamment la communauté rurale de Palmarin sise au bord de la mer. En effet nous avions rendez-vous avec une association villageoise très dynamique consciente de son rôle de respect de l’environnement tout en accompagnant les groupements de femmes dans leur activité génératrice de revenu. Cette association, la COREPA (convention pour la rénovation de Palmarin) et avec l’appui de bailleurs financiers travaille contre la désertification et l’avancée de la langue salée qui rend les terres infertiles. D’où la nécessité de construire des digues anti-sel. Mais ce n’est pas tout en lien avec le campement villageois voisin et l’UICN (Union mondiale pour la protection de la nature), la COREPA a participé à la formation de plusieurs éco-guides, portes d’entrées de la réserve de Sambia Dia, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Néanmoins, il ne suffit pas de classer des sites au détriment des populations. Si ces derniers ne sont pas impliqués dans la gestion des parcs et des réserves, le travail attendu ne sera pas accompli correctement. C’est pourquoi, il convient d’appuyer et encadrer les groupements de femmes en vue de diversifier les moyens de revenus, par exemple : la production de jus de fruit locaux ou des confitures. En tout cas, il y a du travail de rénovation pour ce campement villageois, qui est par contre idéal pour l’accueil de groupe.
Mais nous profitions de notre déplacement pour visiter les autres campements voisins afin d’avoir un aperçu. Et on avec stupeur on visite un hôtel 5 étoiles, conjoint au campement villageois en état de délabrement. Ce 5 étoiles, Le Royal Lodge, avec jacuzzi dans les chambres, piscine privée pour la suite royal, piscine gigantesque avec fauteuil dans l’eau pour déguster une collation au bar. Mais ce qui nous a frappé se situe au niveau des équipements. Ce fameux hôtel est équipé d’une mini-centrale électrique qui peut également fournir l’électricité à toute la communauté rurale mais …néant. De même, les villageois souffrent crucialement d’eau douce tandis que cet hôtel comporte un forage qui peut également alimenter toute la communauté rurale, mais…néant. D’autant plus que le promotteur, un toubab, a acheté la parcelle de 5 ha pour la « modique » somme de 22 millions de FCFA, environ 20000€ à un petit paysan. Problématique, la communauté rurale ne voulait pas délibérée sur la parcelle à cause du manque de clarté et de la non implication des villageois dans ce projet. Le promoteur à sûrement fait pression à un niveau hiérarchique supérieur.
A côté de….ce palace…qui pourtant affirme complet jusqu’à fin 2007 avec une demi-pension de 300€ par chambre, nous sommes partis visiter un 2ème campement, très original. Tenu par un toubab, le campement encercle un amas coquiller. Le charme de ce campement se situe dans la diversité des cases et l’approche nature. Très bien conçu, il propose une case dans un baobab, ou une case sur pilotis, ou encore une case sur une presqu’ile ou encore tendance savane, case semi-entérée. Vraiment sympathique mais un peu cher lorsqu’on présente une demi-pension à 50000 FCFA. Seul inconvénient, disposition (ou implantation) anarchique puisque ce campement figure dans la réserve. Avec cette mission, on s’aperçoit qu’il n’existe pas de réels programme de développement du tourisme dans la région. La grande frayeur plane sur la région car les villageois et les institutions locales ne veulent pas d’un tourisme de masse (comme Mbour ou Saly) où règne maintenant prostitution, escroquerie, dégradation de l’environnement, injustice sociale…Mais le tourisme n’est pas encore une compétence transférée. Un des objectifs majeurs de cette mission donner les moyens nécessaires pour favoriser l’écotourisme et surtout prévoir l’organisation d’assises régionales sur le tourisme. Enjeux très importants à l’heure où la SAPCO (société d’aménagement de la Petite Cote) guète son entrée dans la région pour aménager le littoral.
Le reste de la première semaine (jusqu’au 15 juin), nous avons sillonné le département de Fatick comme Samba Dia, Fimela, Ndangane, Mar Lodj afin de poursuivre les discussions avec les populations, groupements de femmes, présidents de communautés rurales, gérant de campements hôteliers… A ce sujet, nous avons visité un campement très original à Fimela. Le gérant, un toubab, a conçu son campement avec le concept des cases de pailles peuls. De plus il embauche tous ses salariés dans le village. Et pour les motivés encore plus, il pratique l’intéressement c’est à dire qu’il parte ses bénéfices avec ses salariés. Enfin, un projet viable durablement sur un aspect économique, environnemental, et social.
A partir du vendredi 15 juin, on quitte le département de Fatick pour rejoindre le nord du département de Foundiougne dans un 1er temps. On fait escale au village de Mbassis pour étudier davantage l’aspect intégration villageois et l’agro-tourisme. On veut essayer de créer une synergie entre les différents volets de la coopération. C’est vrai que l’écotourisme peut être la terminologie du développement rural dont la filière caprine et le micro-crédit ont leur part à jouer dans cette démarche. Ensuite on contourne le fleuve pour rejoindre Mbellane, site isolé mais très sympathique avec une ambiance routarde. Dans la soirée on rejoint Sokone (sud du département) pour établir notre camp de base durant 4 jours. Nous logeons dans le campement du secrétaire du syndicat d’initiative et du tourisme de la région. Un gars bien sympa mais usant à la longue. Apparemment, il travaillait dans les travaux publics au sein du ministère du transport mais à force de voir corruption et déboires de l’administration il a préféré prendre sa retraite anticipée dans son campement.
Dès le samedi nous partons pour une longue journée dans les îles. Pour apprécier au mieux les possibilités et les offres en matière d’écotourisme que recèle la région, il convient de se mettre dans la peau d’un touriste mais pas dans la peau d’un routard ou « sac-à-dos » comme le dise les sénégalais. Avec l’heure sénégalaise nous partons un peu tardivement de Sokone. Notre piroguier était un peu en retard car pêche matinale oblige !! Toutefois nous avons pour 1h30 de pirogue au milieu des bolongs avant de rejoindre l’île de Ngadior. Chaleureusement reçus par les villageois nous sommes accueillis par le groupement de femmes qui reçoit traditionnellement les touristes. Ce groupement explique ses activités et également le circuit sur l’île proposé aux touristes. L’île de Ngadior recèle un site historique ouvert traditionnellement qu’aux femmes mais les visiteurs peuvent venir faire un pèlerinage, un recueillement. L’heure passe, 15h30, nous avons encore 1h de pirogue pour rejoindre l’île de Diamnadio. Du coup, nous sommes obligé de « couper » à travers la mangrove. Heureusement le maître piroguier connaît les îles comme sa poche. Nous prenons des bolongs qui sont guères plus larges que la pirogue. L’intégration « nature » est à son maximum. Nous approchons enfin l’île de Diamnadio. Mais avec surprise on aperçois un « comité d’accueil » hors du commun. Nos accompagnateurs expliquent que ce comité d’accueil est à destination d’un marabout, attendu d’une minute à l’autre sur l’île. Ces gens s’appellent les « bay-fall ». Même nos accompagnateurs n’avaient jamais vu cette démarche. Les jeunes étaient installés en rang d’oignons sur les quais de pêche, habillés en treillis, T-shirts « Sécurité » dans le dos, en train de chanter les louanges du marabout tout en tapant la cadence. Un peu effrayant aux 1ers abords. Au final, on peut considérer cela comme une sorte de milice. A l’avenir on peut se poser des questions sur le réel pouvoir des marabouts avec leur milice. Suivant les croyances et rattachements aux marabouts (les mourites, les tidjanes..), même le président de la république s’incline et s’agenouille devant son marabout. Après débarquement de la pirogue, nous arrivons à discuter avec un groupement de femmes et le chef du village mais notre temps est compté. Plus on attend, plus le vent peut s’intensifier et durcir le retour en pirogue. Et ce n’est pas loupé !!!On repart à 18h de l’île de Diamnadio après de chaleureuses poignées de mains. Comme notre piroguier semble expérimenté il va emprunter des raccourcis pour essayer de revenir avant la nuit à Sokone.
Néanmoins, s’il l’on regarde une carte pour rejoindre Diamnadio à Sokone nous devons emprunter une « passe » : lieu de rencontre entre le bras de mer et le fleuve, souvent un peu agiter même avec une absence de vent. Et ce n’est pas loupé. A bord de notre coquille de noix, la pirogue commençait à tanguer un peu. Pourtant les vagues n’étaient vraiment pas grandes tout juste 50 cm de creux. Pour équilibrer la pirogue, je me place au tout devant de l’embarcation avec les bagages. D’un côté je ne suis presque pas mouillé mais le tangage se ressent le plus. Au milieu de la pirogue, Françoise (de la région Poitou-Charentes) et Kaba (président de la commission tourisme au CRF). Quant à eux, ils ont moins de chance que moi, à chaque que le pirogue tape dans une vague, les éclaboussures reviennent au milieu de la pirogue. Mais plus on avance, plus ça s’intensifie. Ouah mon vieux…et en plus il n’y avait pas de vent. A un moment, le piroguier commence à se mettre en train d’une vague. Je ne connais rien à la navigation mais à cet instant je commençais à douter des capacités du piroguier d’autant plus qu’il ne lâchait pas la manette des gaz pour réduire en intensité. Après quelques instants on retrouve le calme, complètement trempés. Il ne reste plus qu’à écoper l’eau dans la pirogue. C’est plus tard sur le circuit du retour, que le maître piroguier me dit que le gosse qui était à la manette des gaz n’avait guère d’expérience.
Bien équipé, notre piroguier avait laissé ses deux jantes de 404 dans la pirogue pour faire office de barbecue. Très utile pour faire le thé. Un bémol…..notre charbon de bois était « légèrement » humide. No souci. On puise un peu d’essence dans le réservoir de la pirogue, on imbibe le charbon, on craque l’allumette….Waof…..un beau feu de joie. Mais il a fallu faire plusieurs tentatives avant que les braises prennent. Au bout d’un moment, on dit au mec qu’on préfère mieux rentrer avec l’essence qu’il reste que de tout passer dans le barbecue pour faire chauffer le thé. Et la nuit commence à tombée. C’est l’occasion pour se réchauffer et aussi pour faire des prises de vues magnifiques au dessus de la mangrove avec l’arrivée des oiseaux pour la « couchette » : pélicans, flamants roses, hérons…et j’en passe car je ne connais rien dans les « piafs ». Pour faire l’approche de Sokone de nuit, nous devons prendre une lampe torche et faire des signaux (si nécessaire) pour éviter rentrer en collision avec une pirogue de pêcheurs partant en mer.
Le lendemain, dimanche. Encore une grande journée qui nous attend. Cette fois on continue de descendre dans le sud du département en direction de la Gambie. On fait escale à Soukouta. L’embarcadère incontournable pour rejoindre l’île de Keur Bamboung. Un paradis terrestre grâce à son AMP (aire marine protégée). Une pirogue passe nous ramasser pour faire la traverser (20 bonnes minutes). On débarque sur l’île, au village de Sipo (et non Sup…). Baba, notre accompagnateur explique la particularité de ce village qui est dirigé non par un chef de village mais une femme. On l’appelle la reine de Sipo. Un vrai phénomène. En train de visiter le cœur du village, on tombe sur la reine Sipo qui embrasse toute la délégation. Excellent, je n’avais encore jamais vu cela. Mais il convient de raconter une anecdote peu enthousiasmante. Les campements hôteliers de la région prévoient dans leur circuit un passage sur l’île de Keur Bamboung pour rendre visite à la reine Sipo. En contre partie, ces opérateurs ne versent aucune participation au village hors qu’ils se font un blé monstre là-dessus du fait de cette soi-disant « attraction », c’est vraiment désolé. Malheureusement c’est exemple parmi tant d’autres. C’est pourquoi l’écotourisme a vraiment son rôle à jouer pour régulariser ces dérives.
Nous devons marcher pendant environ 1,8 km au milieu des palmiers et anacardiers pour rejoindre le campement de Keur Bamboung. Magnifique, il surplombe un bolong, fermé à toute activité (l’AMP) afin de régénérer les espèces faunes et flores aquatiques. La particularité de ce campement s’est qu’il a été construit uniquement avec des matériaux locaux, équipé de panneaux solaires et d’un système de réserve d’eau pour chaque case. Le campement est géré uniquement par les villageois. Une partie des recettes par pour l’équipe de surveillance de l’AMP, une deuxième partie par pour le fonctionnement du campement et la troisième partie par pour financer des activités ou infrastructures dans le village (école, case de santé…). L’exemple même d’un écotouristique. Aidés par l’ONG océanium de Dakar, les villageois ont décidé de créer ce campement pour procurer une source de revenu afin de participer à la surveillance de l’AMP. Très bonne approche surtout que les coins est sublime. Grâce à la fermeture du bolong, des espèces menacées comme certaines tortues, dauphins, lamantins et autres poissons reviennent à nouveau. Il ne me reste plus qu’à revenir un week-end pour dormir sur l’île.
Dans l’après-midi, nous reprenons la pirogue pour visiter l’île aux coquillages. Plus habité depuis un certain nombre d’années, la partie de l’île se situe dans sa forme. Elle est constituée d’un tumus, tas de coquillage (15 m de haut), érigé autrefois pour enterrer les chefs du village. De même, un énorme baobab, creux en son centre, servait de tombeau pour les griots (chanteurs troubadours). Et puis dans la soirée, nous poursuivons notre route pour aller rencontrer des jeunes éco-guides récemment formés dans cette localité.
Le lendemain, lundi, on maintien les pieds sur terre pour aller visiter la réserve animalière de Fathala, extrême sud du département et de la région, quelques km de la Gambie. D’ailleurs nous partons faire un tour à la frontière pour acheter du sucre, du lait « Gloria » pour mettre dans le couscous. La vie est bien moins chère de l’autre côté de la frontière. En remontant, nous faisons escale au poste de contrôle de Bagadagi, au plein cœur du parc du sine-saloum. Ce poste est tenu par les gardes forestiers et conservateurs du parc dont leur rôle est de faire de la prévention auprès des villageois contre les coupes sauvages de bois en vue de respecter l’environnement. Au poste de garde, très reculer dans la brousse et la forêt nous faisons la connaissance d’un phacochère semi apprivoisé. Il venait pratiquement manger du pain dans notre main. Sur la piste, nous avons croisé un petit singe que sa mère avait plus ou moins abandonnée, j’aurai vraiment aimé le récupérer.
Et voilà, les excursions s’amoindrissent car le mardi matin nous avons une discussion à Sokone avec le syndicat d’initiative et du tourisme avant de remonter le soir sur Fatick. Je profite de l’occasion pour « tâter le pouls » auprès des campements hôteliers au niveau du potentiel de consommation du fromage de chèvre et sous quel forme.
Le reste de la semaine est consacré à une restitution de la mission au conseil régional de Fatick avant de poursuivre des rencontres sur Dakar et boucler officiellement la mission. Un peu fatigué mais très satisfait. Ce n’est pas évident de suivre 2 projets en même temps car j’avais toujours un œil sur le projet caprin voire même plus car pendant deux jours j’ai du revenir à Fatick pour repartir en brousse afin de faire une assemblée générale d’une chèvrerie.
Du coup, cette semaine passée, je me replonge à fond dans le projet, suivre les activités et les chèvreries.
Au programme ces temps-ci, visites de terrains auprès de nos 3 chèvreries départementales + la chèvrerie villageoise afin de capitaliser l’expérience des activités 2006 – 2007, aider les éleveurs a réaliser leur assemblée générale, programmer la campagne d’IA 2007 et les activités adjacentes. Par exemple, dans un département « Foundiougne » bassin laitier de la région, j’accompagne un groupement de femmes pour le montage d’un projet de création d’un atelier de transformation du lait de chèvre en fromage. Ainsi, j’attends la saison des pluies pour avoir du lait en vue de démarrer les formations auprès des femmes. En contre partie, nous élaborons la forme du projet : gestion, statut, approche, financement…C’est vraiment une approche que j’apprécie car on observe du concret.
Sur un autre site, j’espère lancer avant fin 2007, un atelier d’embouche caprine. Car les sénégalais consomment plus la viande de chèvre que son lait, dont les fromages seront à destination des expat’
Sur un autre site, suite aux résultats des IA 2006, nous constituons un noyau de chevreaux métis en vue de concrétiser sous la forme d’un mini centre d’élevage de reproducteurs caprins améliorés. Les boucs seront « loués » aux éleveurs pour améliorer les croisements, moyennant une participation aux frais d’entretien des animaux.
C’est pourquoi une grosse partie de mon job se situe dans la mise en relation des partenaires. Répartir les rôles au mieux que possible auprès des techniciens de la région en fonction de leur compétence. J’essaye aussi de nouer de réels contacts avec des partenaires nationaux comme l’école véto, ministère de l’élevage, direction de l’élevage, institut sénégalais de recherches agricoles, des ONGs et programme d’appui à l’élevage. D’ailleurs avec ce dernier partenaire, il a choisi de financer une partie de mes formations. Ainsi je dois organiser une formation de 2 jours pour les techniciens de la région en vue de leur inculquer les spécificités de l’élevage caprin.
Un autre type de partenariat : le ministère à travers sa direction de l’élevage a opté au niveau national par la modernisation ou le renforcement des équipements (ou bâtiments) d’élevage. Ainsi, nous avons obtenu une prise en charge de 2 chèvreries dans notre région. Une bataille gagnée, car ça n’arrive pas tous les jours. Ce qui permettra de réconforter les éleveurs, parfois désabusés par les promesses incessantes des projets en tout genre et des politiques de promesses non respectées à outrance. Afin d’éviter l’erreur commise sur un de nos sites, par la construction d’une chèvrerie merdique par le conseil régional de Fatick, qui ressemble à tout (école, case de santé, salle polyvalente) sauf à une chèvrerie, nous avons fait une tournée régional pour visiter les conneries à ne pas, des idées à prendre sur notre chèvrerie villageoise, des idées à prendre ou à éviter sur la chèvrerie construite par des espagnoles dans la région voisine. Ainsi, j’ai du me recycler dans l’approche bâtiment d’élevage en zone tropicale. J’ai du faire des plans, faire des montages photos pour exprimer réellement nos attentes en matière d’élevage caprin. Tout ce qu’on ne veut pas c’est un parachutage d’une chèvrerie merdique en provenance de Dakar.
Ces deux derniers jours, l’Association des Eleveurs de bovins métis de la région de Fatick a organisé un atelier de discussion sur l’élevage des vaches métis. J’ai profité de l’occasion pour intervenir sur l’enjeu de se structurer au sein de la filière laitière régionale. En effet, les éleveurs auront du lait sur les bras à en plus finir durant l’hivernage tandis que durant la saison sèche le lait devient une denrée rare pour laisser à la poudre de lait.
C’était l’occasion pour évoquer à nouveau les inégalités entre les pays du Nord et du Sud : l’importation des produits laitiers, détail évoqué au cours d’un atelier à Dakar sur la politique de l’OMC en matière de produits laitiers et l’importation de ces produits au Sénégal. Seulement, là ou le bas blesse et contrairement aux pays magrébins, l’Afrique de l’ouest ne dispose pas d’un observatoire sérieux sur la fluctuation du marché international des produits laitiers. Ainsi nous subissons tous les désagréments.
Vu que les pays européens réduisent drastiquement l’aide à la production laitière, vu que les pays comme l’Argentine ferme ses portes en matière d’exportation de lait, comme tu le dis si bien : les chinois et japonais commencent de plus en plus de poudre de lait du coup on se retrouve bientôt sur une pénurie de poudre de lait. Les pays magrébins comme l’Algérie sont malins car ils ont vu venir la difficulté du coup ils ont procédé à d’énormes appels d’offre en poudre de lait. Et les Africains se retrouvent baiser comme d’habitude. Nous n’avons plus le choix que de prendre ce qui reste à un coût excessivement élever pour nous (enfin pour eux). Néanmoins, cette situation peut être l’opportunité pour la filière nationale à se structurer. Avant la pénurie, la poudre de lait arrivait à un prix inférieur au litre de lait frais sénégalais à cause de la subvention à l’exportation mené par les pays européens.
C’est pourquoi, avec la Fenafils, fédération nationale de la filière du lait local au Sénégal nous sommes en passe de créer des antennes régionales pour préparer et organiser les producteurs à faire pisser du lait et les transformateurs à écouler ce lait. Un réel défi à relever et la tâche ne sera pas facile.
Mais un conseil de la ministre de l’élevage m’informe cette semaine que des industries laitières internationales comme Candia, Nestlé envisagent de revenir au Sénégal mais avec 2 approches : une approche horizontale avec une collecte du lait frais et transformation et une approche horizontale c’est à dire que ces industries envisagent aussi d’avoir leur propre ferme….enfin…je suis naïf en parlant de ferme car il s’agira probablement d’usine à faire pisser du lait. Ils ne vont pas s’emmerder de donner de la paille de brousse. A voir. Pour les mecs (ou jeunes techniciens) qui veulent acquérir une expérience à l’étranger en matière de lait…il va bientôt avoir cette opportunité…avis aux candidats.
Au programme ces temps-ci, visites de terrains auprès de nos 3 chèvreries départementales + la chèvrerie villageoise afin de capitaliser l’expérience des activités 2006 – 2007, aider les éleveurs a réaliser leur assemblée générale, programmer la campagne d’IA 2007 et les activités adjacentes. Par exemple, dans un département « Foundiougne » bassin laitier de la région, j’accompagne un groupement de femmes pour le montage d’un projet de création d’un atelier de transformation du lait de chèvre en fromage. Ainsi, j’attend la saison des pluies pour avoir du lait en vue de démarrer les formations auprès des femmes. En contre partie, nous élaborons la forme du projet : gestion, statut, approche, financement…C’est vraiment une approche que j’apprécie car on observe du concret.
Sur un autre site, j’espère lancer avant fin 2007, un atelier d’embouche caprine. Car les sénégalais consomment plus la viande de chèvre que son lait, dont les fromages seront à destination des expat’
Sur un autre site, suite aux résultats des IA 2006, nous constituons un noyau de chevreaux métis en vue de concrétiser sous la forme d’un mini centre d’élevage de reproducteurs caprins améliorés. Les boucs seront « loués » aux éleveurs pour améliorer les croisements, moyennant une participation aux frais d’entretien des animaux.
C’est pourquoi une grosse partie de mon job se situe dans la mise en relation des partenaires. Répartir les rôles au mieux que possible auprès des techniciens de la région en fonction de leur compétence. J’essaye aussi de nouer de réels contacts avec des partenaires nationaux comme l’école véto, ministère de l’élevage, direction de l’élevage, institut sénégalais de recherches agricoles, des ONGs et programme d’appui à l’élevage. D’ailleurs avec ce dernier partenaire, il a choisi de financer une partie de mes formations. Ainsi je dois organiser une formation de 2 jours pour les techniciens de la région en vue de leur inculquer les spécificités de l’élevage caprin.
Un autre type de partenariat : le ministère à travers sa direction de l’élevage a opté au niveau national par la modernisation ou le renforcement des équipements (ou bâtiments) d’élevage. Ainsi, nous avons obtenu une prise en charge de 2 chèvreries dans notre région. Une bataille gagnée, car ça n’arrive pas tous les jours. Ce qui permettra de réconforter les éleveurs, parfois désabusés par les promesses incessantes des projets en tout genre et des politiques de promesses non respectées à outrance. Afin d’éviter l’erreur commise sur un de nos sites, par la construction d’une chèvrerie merdique par le conseil régional de Fatick, qui ressemble à tout (école, case de santé, salle polyvalente) sauf à une chèvrerie, nous avons fait une tournée régional pour visiter les conneries à ne pas, des idées à prendre sur notre chèvrerie villageoise, des idées à prendre ou à éviter sur la chèvrerie construite par des espagnoles dans la région voisine. Ainsi, j’ai du me recycler dans l’approche bâtiment d’élevage en zone tropicale. J’ai du faire des plans, faire des montages photos pour exprimer réellement nos attentes en matière d’élevage caprin. Tout ce qu’on ne veut pas c’est un parachutage d’une chèvrerie merdique en provenance de Dakar.
Enfin, je trouve quelqu’un pour parler politiques laitières. Je suis en train de rentrer dans le réseau national des politiques laitières et orientation national de la filière du lait local. Lors de mon dernier mail, je t’avais informé de ma participation à un atelier du lait à Dakar. Depuis ça commence à faire tache d’huile dans la région.
Ces deux derniers jours, l’Association des Eleveurs de bovins métis de la région de Fatick a organisé un atelier de discussion sur l’élevage des vaches métis. J’ai profité de l’occasion pour intervenir sur l’enjeu de se structurer au sein de la filière laitière régionale. En effet, les éleveurs auront du lait sur les bras à en plus finir durant l’hivernage tandis que durant la saison sèche le lait devient une denrée rare pour laisser à la poudre de lait.
Revenons en à ta discussion. Figure toi que ce que tu as évoqué dans ton mail, nous recevons de plein fouet la réalité. Tu as totalement raison, ce détail évoqué était notre grand thème de discussion à Dakar sur la politique de l’OMC en matière de produits laitiers et l’importation de ces produits au Sénégal. Seulement, là ou le bas blesse et contrairement aux pays magrébins, l’Afrique de l’ouest ne dispose pas d’un observatoire sérieux sur la fluctuation du marché international des produits laitiers. Ainsi nous subissons tous les désagréments.
Vu que les pays européens réduisent drastiquement l’aide à la production laitière, vu que les pays comme l’Argentine ferme ses portes en matière d’exportation de lait, comme tu le dis si bien : les chinois et japonais commencent de plus en plus de poudre de lait du coup on se retrouve bientôt sur une pénurie de poudre de lait. Les pays magrébins comme l’Algérie sont malins car ils ont vu venir la difficulté du coup ils ont procédé à d’énormes appels d’offre en poudre de lait. Et les Africains se retrouvent baiser comme d’habitude. Nous n’avons plus le choix que de prendre ce qui reste à un coût excessivement élever pour nous (enfin pour eux). Néanmoins, cette situation peut être l’opportunité pour la filière nationale à se structurer. Avant la pénurie, la poudre de lait arrivait à un prix inférieur au litre de lait frais sénégalais à cause de la subvention à l’exportation mené par les pays européens.
C’est pourquoi, avec la Fenafils, fédération nationale de la filière du lait local au Sénégal nous sommes en passe de créer des antennes régionales pour préparer et organiser les producteurs à faire pisser du lait et les transformateurs à écouler ce lait. Un réel défi à relever et la tâche ne sera pas facile.
Mais un conseil de la ministre de l’élevage m’informe cette semaine que des industries laitières internationales comme Candia, Nestlé envisagent de revenir au Sénégal mais avec 2 approches : une approche horizontale avec une collecte du lait frais et transformation et une approche horizontale c’est à dire que ces industries envisagent aussi d’avoir leur propre ferme….enfin…je suis naïf en parlant de ferme car il s’agira probablement d’usine à faire pisser du lait. Ils ne vont pas s’emmerder de donner de la paille de brousse. A voir. Pour les mecs (ou jeunes techniciens) qui veulent acquérir une expérience à l’étranger en matière de lait…il va bientôt avoir cette opportunité…avis aux candidats.
Je pense avoir cerné à nouveau l’ensemble de mes activités pour le mois de juin qui fut à nouveau chargé en diversité et rencontre en tout genre. J’attends avec impatience de vos nouvelles. Je pense que pour la plupart les vacances commencent à apporter un goût de détente ou plutôt un goût d’impatience face aux résultats des examens.
Bien évidemment, n’oubliez pas de vous rendre sur mon blog pour regarder les photos et surtout laisser des messages. http:ouestmath.blog4ever.com. Ya de nouvelles photos à gogo !!
Pour ceux qui n’ont pas noté mon changement d’adresse mail : mathieu.gloria@gmail.com
Je vous souhaite pleins de bonnes choses pour la suite,
Avis aux intéressés pour découvrir le Parc National du Sine-Saloum et plus encore,
Sénégalaisement.
Matthieu
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