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Accueil du forum >> Carnet de Bord 2008

Tout le vif déposé bi-mensuellement et souvent accompagné de photos...l'aventure en direct du Sénégal qui continue!!
Janvier - Février 2008
Mat

posté le 2008-04-26 à 18:21:44


Comme rien n’est simple avec des sénégalais et vu que le Dakar venait juste d’être annulé, autour du 8 janvier tous les vols pour Dakar – Paris étaient complet. Du coup, les 10 membres sur 12 de la délégation ont atterrit à Lyon, y compris le Président SENE (du Conseil régional de Fatick). Je te laisse imaginer le scénario. En sachant que le 1er groupe d’élu (dont 1 ancien député et 1 ancien ministre) arrivaient le mardi vers 12h et que le Président et 3 autres arrivaient vers 18h… Du coup, on est tous monté chez moi dans les monts du lyonnais, le temps de cassé la croute et de prendre la route en sachant qu’il était 21h passé quand nous sommes partis de ma maison avec 6h de route à prévoir !! Ainsi j’en profité pour la jouer stratégie en invitant le maire de mon village, le conseil général de ma circonscription et le président de la communauté de commune. Je voulais inviter le député du coin mais il est de l’UMP alors ça aurait fait tâche. Et oui, je commence à comprendre la stratégie de la diplomatie et ce n’est pas tous les jours que j’aurai l’occasion d’inviter le Président de région chez moi à Haute-Rivoire. Ma mère était un peu gêné, elle trouvait que l’accueil n’était pas assez bien pour eux mais je l’ai rassuré en lui demandant de rester simple. D’ailleurs, je ne peux que la remercie pour son aide très importante et pragmatique. De retour au Sénégal, j’ai eu entendu dire que les membres de la délégation ont préféré de loin, le repas pris à Haute-Rivoire de part l’hospitalité et l’accueil réservé surtout ma mère…et ça je ne lui ai pas encore dit !! (il va falloir que je me mette à écrire avec toutes ces petites anecdotes ou aventure compliqués sur le moment mais croustillantes avec du recul…).
Pour l’occasion, je ne m’étais pas fait chier, sur les frais de la région Poitou-Charentes j’avais loué un dernier 807, dernier cri…la grande classe..portes électriques, GPS…j’étais comme un dingue, un vrai véhicule de ministre. J’avais aussi un chauffeur de la région qui me suivait avec l’autre groupe. Mais il fallait bien tout ça car au final nous sommes arrivé à 2h30 du matin en Poitou-Charentes où Colette Balland (vice président de région) et Michel Georges (un ancien éleveur de chèvre leader au dans le monde caprin) nous attendaient.

Heureusement le reste du comité était porté par le Conseil régional de Poitou-Charentes, donc j’ai pu levé un peu le pied. Comme prévu nous avons déjeuner avec Ségolène pour faire le tour de la coopération dont elle a annoncé devant son cabinet qu’elle prévoit un déplacement sur Fatick d’ici juin ou juillet….dossier chaud. A cette heure-ci, j’étais en contact avec un collègue qui bosse à l’ambassade de France à Dakar et nous aurons à la jouer finement pour ne pas griller les uns et autres partis politiques.

Et puis les 15 jours d’après (mi janvier) étaient consacrés à la formation des 4 stagiaires sénégalais (dont 3 femmes). C’était assez prenant car ils faillaient sans cesse faire le lien, vérifier qu’ils ont bien captés…Par contre c’était très intéressant car j’ai pu discuter avec mes collègues et partenaires et même saluer mes anciens formateurs de Melle (ma formation spécialisation caprine). Comme rien n’est simple, les 4 stagiaires devaient également décoller de Lyon pour rejoindre Dakar, via Casablanca. Notre vol avait déjà été annulé une fois mais je l’ai su à temps par personne interposée. Mardi 29 janvier, on se pointe tous les 5 à l’aéroport de Lyon à 10h30 pour prendre le vol de 12h25….et là…..aucun vol pour Casa prévu à cette heure. Je me renseigne au niveau d’une borne d’information…et avec fureur, j’apprends que ce maudit vol est encore annulé. La compagnie (Royal Air Maroc, pour ne pas la citer) nous a laissé sur le carreau sans avoir pris le soin de nous prévenir ! Vu que rien n’est simple, le prochain vol n’était que le lendemain, les visas des sénégalais s’arrêtaient le jour même et je n’avais plus de voiture pour remonter à Haute-Rivoire… Du coup, il a fallu régler tout ces « petits détails », louer une voiture pour remonter à la maison passer la journée et la nuit. J’étais vraiment énervé ce jour là d’autant plus que la compagnie (RAM) et l’agence de voyage (basée à Dakar) se relançaient la balle sans cesse donc pas de moyen de remboursement ou de prise en charge de leur part !!

Voilà, cela fait maintenant 2 semaines que je suis rentré et je devais rapidement mettre en place mon chronogramme d’activités et planifier un peu les actions de terrain. Vu que c’est la dernier année où je suis présent dans le projet je dois mettre le paquet pour avoir des acquis et surtout commencer à récolter les fruits de 2 ans et demi de travail. La tâche ne sera pas évidente mais ça devrait le faire.

Mais d’un côté, je suis revenu un peu septique sur les réelles possibilités de développement du Sénégal et de mes partenaires ici. Je me suis aperçu que l’argent pourri tout, et que ce sont souvent les mêmes qui se mettent dans les poches pendant les autres crèvent de faim. Les ONGs, les projets et l’état ont vraiment cultiver une certaine « politique de la main » tendue ce qui faussent totalement les échanges. Par exemple, le secrétaire général de la région de Fatick insistait absoluement pour que l’on donne des indemnités de formation aux 4 sénégalais alors qu’ils n’avaient aucune dépense en Poitou-Charentes. Les éleveurs français se sont mis en 4 pour les accueillir, ils ont pu visiter plein de trucs. J’étais un peu déçu à ce niveau.

Ce n’est pas très grave. Comme disait mon collègue de la FRESYCA, ça a au moins le mérite de mieux connaître les gens et de voir jusqu’où ils sont capables. On sera moins naïf la prochaine fois.

En attendant, de plus en plus de personnes de la région attendent ce projet car ils nous voient sur le terrain, en 2 roues souvent, à braver la poussière avec seulement un petit sac à dos et des paroles franches. Du coup on va essayé de l’orienter au mieux pour réussir petitement, efficacement et durablement. Maintenant la moto est à nouveau en état de marche, très fugace, alors vivement les prochaines visites de terrain pour associer l’utile à l’agréable…tu imagines, je fais de l’enduro en travaillant…le pied. Et puis avec les autres projets comme l’écotourisme s’est très intéressant et ça me permet d’associer plusieurs cordes à mon arc.

Sinon, j’ai bien retrouvé mes deux colocataires à la maison : Saliou et Dioumacor, deux jeunes profs d’histoire et géographie au lycée de Fatick, dont l’un est plus géographe (altermondialiste) tandis que l’autre est plutôt histoire (culturel). Mais ils me font rire car au niveau personnel, un est engagé dans la politique dans un autre parti que le parti présidentiel (tant mieux !) et l’autre qui est journaliste pour un quotidien et une radio nationale. Par dessus, pour réduire les frais de « bonne », il y a deux autres ….profs qui viennent manger à la maison et en plus c’est 2 profs de français !! Mais ces jours-ci nous rencontrons quelques soucis d’intendance car notre « bonne » s’est foulée le poignée alors nous devons trouver une « bonne » par intérim, au risque de trouver une cuisinière qui sera moins à la hauteur…on est vraiment handicapé sans femme à la maison, on ne peut plus rien !! (rire).

Voilà pour les quelques nouvelles mais cette année il faut absolument que je consacre plus de temps à la découverte du Sénégal enfin…surtout d’autres régions !! Je vais essayer d’adopter aussi une autre philosophie : « travailler moins pour gagner moins pour vivre mieux !! » A voir par la suite. ET même, je me demande aussi je ne vais pas changer de moto, passer à une cylindrée plus grosse pour pouvoir réaliser des déplacements plus importants. J’ai seulement un petit trail de 350 cm3, qui va très bien pour faire le « fou » sur les pistes sableuses aux alentours de Fatick mais dès qu’il s’agit de faire des distances plus grandes…je n’ose pas encore franchir le pas !
Situation socio-économique à l’instant :
La situation agricole reste inquiétante vu le déficit hydrique connu au cours de l’hivernage 2007. Parfois la pluviométrie a été divisée par deux dans certaines zones du pays ou de la région. Même si les éleveurs ont essayé de récupérer le maximum de fourrage (paille de brousse, tige de mil, résidus de récolte), la situation est critique car aucun acteur ne tire la sonnette d’alarme pour prévenir le problème. Des solutions et des mesures peuvent prises dès maintenant pour limiter l’ampleur de la catastrophe à venir. Certaines populations ne vont-elles pas aller jusqu’à manger les sacs de riz du P.A.M. ? Situation à ne pas souhaiter.
Au niveau politique, les élections locales ont lieu le 19 mai 2008 (communale, rurale, régionale). Mais dès lors des prémices de tension apparaissent dans la région de Fatick. Au sein du PDS (parti présidentiel), un mouvement essaye d’émerger « la génération du concret » destiné à promouvoir le fils de Wade aux prochaines présidentielles dans 4 ans. Mais au niveau local, ses partisans et ceux de Macky SALL (actuel président de l’assemblée national) se livrent à concurrence de meeting. Dimanche 10 février, les propres militants se sont livrés à une baston sanglante car les partisans dissimulent des couteaux ou des machettes sous les bou-bous… ; lors d’un meeting de Macky SALL en vue de préparer les prochaines élections ; et la « vraie » campagne n’a pas encore débutée (21 jours avant les élections).

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